VINGT-SEPTIÈME DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE

Heureux les invités à la table du Seigneur, les vêtus de la robe de noce

Avant de nous présenter à la table du Seigneur pour communier au corps et au sang du Christ nous faisons un aveu, une confession, une demande : Heureux les invités à la table du Seigneur : « Seigneur, je ne suis pas digne de te recevoir, mais dis seulement une parole et je serai guéri. » Sommes-nous sincères quand nous disons que nous ne sommes pas dignes de Le recevoir ? Quelle Parole avons-nous besoin d’entendre pour être digne de communier, pour nous asseoir à la table du Seigneur, pour nous sentir les bienvenus ? Quel vêtement devons-nous nous vêtir pour ne pas être renvoyés de la table du Seigneur, pour ne pas être mis dehors ?

L’évangile de ce jour ne donne pas une bonne image de Dieu, le Père. Le maître, le père envoie ses troupes pour maltraiter et tuer les serviteurs. Le roi va jusqu’à jeter la personne qui n’avait pas revêtu la robe de noces, pieds et poings liés dans les ténèbres.

Paul parle de nous revêtir du Seigneur ? C’est quoi revêtir le Christ, se revêtir du Seigneur ? Nous sentons-nous chanceux d’être parmi les invités ? Qu’est-ce qui nous fait dire que nous sommes des invités parmi d’autres invités, pour être de la noce.

Quand je suis allé en Israël, je voyais des personnes vêtues d’une robe blanche descendant jusqu’aux pieds, entrer dans le Jourdain ayant de l’eau jusqu’à la tête, elles plongeaient même leur tête dans l’eau. Elles faisaient cet exercice plusieurs fois et elles sortaient de l’eau. J’ai compris que c’était un rite de baptême. Aujourd’hui, je fais un lien avec le vêtement de noce dont parle l’évangile.

Se revêtir du Christ serait-ce se rappeler de son baptême. La plupart d’entre vous, en entrant dans l’église vous prenez de l’eau bénite et vous faites un signe de croix sur vous. Certains le font comme s’ils chassaient une mouche ou un moustique. Se signer de la croix avec de l’eau bénite c’est se rappeler son baptême. C’est se revêtir du Christ.

Vous souvenez-vous de votre baptême? Y étiez-vous ? Quand je suis arrivé au Québec on baptisait les enfants nus, on les plongeait délicatement dans l’eau bénite et on les habillait d’une robe blanche.

Peut-être vous souvenez-vous que le baptistère était en dehors de l’Église. A St Jean-Eudes le baptistère était contigu au bureau de la secrétaire. Dans la paroisse où je fus baptisé le baptistère était à la porte d’entrée principale, et il était en contrebas. Ici j’ai souvent vu des baptistères dans la sacristie. La messe sur semaine avait lieu dans cette sacristie. Je ne sais si autrefois les salles 2 et 3 servaient de chœur avec autel et tabernacle. Toutes ces pratiques disaient l’importance du baptême et de la robe blanche pour entrer dans la communauté, dans l’Église. C’est ce que je comprends quand Paul parle de revêtir le Christ, quand l’évangile d’aujourd’hui parle du vêtement de noce.

Si j’avais été un architecte j’aurais creusé une piscine devant l’église et les paroissiens se seraient trempés les pieds dans l’eau baptismale avant d’entrer dans l’église pour se rappeler leur baptême. Autrefois, à la communion solennelle les enfants de 12 ans, les gars portaient un brassard blanc et les filles un voile blanc pour se rappeler leur baptême, pour se revêtir du Christ. Si on veut être de la noce il nous faut revêtir le Christ, sentir le Christ. Aujourd’hui, le mot baptême est devenu un sacre.